VIA LUDUS, le voyage par le jeu

LE MONT-SAINT-MICHEL ET SON ABBAYE

A la découverte de ses secrets grâce à une passionnante visite guidée

Le Mont-Saint-Michel est avant tout l’histoire d’un évêque, Aubert, qui, une nuit de 708, aurait eu une vision de l’archange Saint-Michel. 

Comme l’archange Saint-Michel était le chef des archanges et qu’Aubert était Saint il appliqua les ordres reçus et érigea un sanctuaire sur le Mont-Tombe, tas de cailloux au milieu de la baie.

Cette histoire fit le tour du Royaume de France. 

De plus en plus de pèlerins marchèrent vers le Mont-Tombe. Certains se noyaient à cause de la marée, d’autres s’enlisaient dans les sables-mouvant et c’est ainsi que le « Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer » acquit sa renommée.

Au XIe siècle, les moines bénédictins se lancèrent dans la construction d’une abbaye. 

Pas simple sur un si petit rocher ... Mais les moines avaient des ressources et recrutèrent les artisans les plus qualifiés ainsi que les meilleurs matériaux, comme le granite des îles Chausey. Quatre cryptes furent d’abord élevées autour du rocher afin de déposer la nef de l’église abbatiale exactement au sommet du rocher. 

Et en à peine 60 ans, le Mont-Saint-Michel avait son abbaye.

Pour ajouter un peu de majesté, admirez les gigantesques piliers. Plus de 30 mètres de haut, depuis la salle des pas perdus sous l’abbaye jusqu’à la voûte !

Mais pourquoi des religieux avaient-ils autant d’argent ? 

Comme Saint-Michel est le chef des archanges, un de ses rôles est de peser la qualité de l’âme des croyants. Les chrétiens venaient donc de toute la France et même d’Europe pour demander des indulgences – une sorte de crédit supplémentaire – pour faire peser la balance du côté du Paradis. En contrepartie, les chrétiens devaient laisser une donation à la hauteur de leurs moyens. Et comme tous, riches comme pauvres, paysans comme rois, devaient venir au moins une fois dans leur vie, l’Abbaye du Mont-Saint-Michel s’enrichit.

Le cloître

Un carré de verdure à ciel ouvert, des colonnes, une galerie couverte … bienvenue dans le cloître ! 

La fonction principale d’un cloître est d’accueillir les moines pour qu’ils s’élèvent spirituellement. Le construire sur le sommet du rocher au plus proche du Ciel était donc évident.

Et attention à bien faire vos devoirs, car au sommet de la flèche de l’Abbaye, l’archange Saint-Michel vous surveille …

Le Réfectoire

Pourquoi précise-t-on que les moines sont bénédictins ? 

Tout simplement parce qu’ils appartiennent à l’ordre de Saint-Benoît. La règle de Saint-Benoît (rédigée au VIe siècle) organise absolument tous les moments de vie quotidienne des moines : comment manger et à quelle heure, le travail à réaliser, les prières, les conditions de sommeil, l’accueil des visiteurs, les sujets d’étude …TOUT.

Par exemple, les bénédictins mangent en silence (chapitre XXXVIII, page 157), dos au mur et sans personne en face d’eux. Les repas sont pris à la lumière du jour uniquement (chapitre XLI, page 167) et il n’y a pas de cheminée car aucune source de chaleur n’est tolérée, hormis les bougies.

Le promenoir des moines et la salle des chevaliers

Que faisaient les moines bénédictins de leur journée ? 

Comme le décrit la règle de Saint-Benoît, la vie des moines était très structurée. Ils passaient leur journée à travailler et prier. 

Et une de leur activité consistait à recopier des manuscrits pour en créer plusieurs exemplaires. Ce travail s'effectuait dans des pièces bénéficiant de cheminées non pas pour réchauffer les moines (règle de Saint-Benoît) mais pour éviter que les livres ne pourrissent avec l’humidité. Le promenoir des moines comme la salle des chevaliers sont deux exemples de pièce qui servirent probablement de scriptorium.

La prison (1792-1863)

Après la révolution, le Mont fut transformé en prison. Quelle bonne idée ! Avec son rocher et la marée, même les anglais ne réussirent jamais à s’emparer du Mont-Saint-Michel pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453). Il en fut de même pour les nombreux prisonniers, aucun ne parvint jamais à s’évader.

Comme un hamster dans sa cage, de 2 à 6 prisonniers s’activaient dans cette grande roue acheminer le matériel et les vivres nécessaires à la prison. Et ils étaient volontaires ! Pourquoi ? Pour obtenir une double ration de nourriture, récompensant l’effort physique réalisé.

De nombreux mystères subsistent autour du Mont-Saint-Michel. Certains retiennent les légendes, d’autres s’appuient sur la technologie car il est difficile de se référer aux archives conservées au fil des années. 

En effet, pendant les grands travaux (1863-1966), les archives ont été transférées à Saint-Lô, préfecture du département de la Manche. Mais au cours de la 2e guerre mondiale, la ville a été détruite à 90% pendant la libération … et les archives avec.

 

Si vous avez envie d’en apprendre davantage sur le Mont-Saint-Michel et son abbaye, foncez faire la visite guidée ! Les guides sont passionnants et passionnés et le lieu majestueux. 

Bon plan 1 : le parcours commenté est au même prix qu’une visite libre (11€). Pensez par contre à réserver !

Bon plan 2 : le parcours commenté, comme la visite libre, est gratuite pour les -26 ans, pour les demandeurs d’emploi ou bénéficiaires des minima sociaux, pour les élèves en architecture, pour les personnes handicapées et un accompagnateur et pour les Pass Education.

Et si la visite de l’Abbaye ne vous tente pas, fermez les yeux, laissez libre cours à votre imagination et revivez l’ambiance des rues du Moyen-Âge comme si vous y étiez.

Pour finir sur une petite touche bretonne : « Le Couesnon, par une nuit de folie, a mis le Mont en Normandie »